13 juillet 2009
Préface du recueil LIBRE AU DELA DU BLEU
Reçu le 31 mars 2009 ! Le magnifique cadeau d'anniversaire de mon ami poète Jacques Herman !
La préface de mon nouveau recueil de poèmes LIBRE AU DELA DU BLEU disponible depuis JUIN 2009 ! Très touchée par ses mots !
Préface
Liza Lo Bartolo Bardin, écrivain confirmée, est ce que l'on appelle communément "une belle plume". J'ai pu mesurer l'éclat de son talent depuis plusieurs années déjà et j'ai eu souvent ce privilège de naviguer avec elle sur des océans littéraires qui nous étaient communs.
C'est avec une grande joie que je rédige ces quelques mots avec pour seule ambition de vous faire partager ma lecture des poèmes de Liza Lo Bartolo Bardin que je considère ici comme poète en essayant de faire abstraction de l'amitié qui nous lie. Et cela n'est guère facile tant je constate à chaque fois que lorsque j'éprouve de l'admiration pour quelqu'un, l'amitié, bonne fille, suit tout aussitôt.
"Ne flatte pas tes amis: la flatterie est trahison". Je me suis souvent laissé dire cela et je ne nie pas cette évidence. En l'occurrence, je n'ai nullement l'intention de flatter l'ego de Liza. Je souhaite simplement porter l'éclairage sur les principales articulations de son écriture. Non que je veuille imposer telle ou telle clé de lecture car, après tout, chacun détient la sienne et découvre dans cette roseraie des philosophes ce qu'il voudra bien y voir, mais parce que j'éprouve un certain plaisir à montrer du doigt les aspects essentiels du cheminement de l'auteur.
Disons-le tout net : aucune expression littéraire mieux que la poésie ne veille à synchroniser deux couches verbales bien distinctes jusqu'à leurs épousailles: je veux parler ici de "ce qui est dit" et de la manière de le dire. Les mots et la musique des mots. Le message et le vêtement du messager. La pensée et sa larme, son rire ou son cri. Ou, plus prosaïquement, le contenu et le contenant, le fond et la forme.
Le chant du poème ! Ah qui dira jamais assez combien le rythme est essentiel à la vie du texte, combien les vibrations sont indispensables à la transmission d'une pensée, d'un sentiment, d'un constat. La plus humble banalité, bien chantée, devient reine. C'est là que bat sans doute le cœur même de la poésie. Tout transmettre par le chant des mots, c'est bien ainsi que procède Liza Lo Bartolo Bardin qui évoque avec beaucoup de pudeur et de discrétion la maladie :
Mon mal est un cri
Inaudible et perdu
L’effroyable hurlement
Qui passe inaperçu
Elle s'attache aussi fortement au paysage dans lequel elle est venue s'ancrer récemment, cette Bretagne que chantait si bien Guillevic, et qu'elle sait apprécier à sa juste valeur :
La vague s’élève
Et par-dessus les embruns
Mousse de fierté
Mais, elle ne l'ignore pas, le coin de terre, le lien d'amour, la maladie, l'amitié, ne sont pas tout : il est, bien au-dessus de nous ce royaume de l'indicible, de l'ineffable, un paradis perdu que l'on appelle de nos vœux, une inaccessible étoile que l'on finira bien par retenir un jour dans un coin de notre cœur :
La promesse n’est pas vaine d’un retour au sublime
L’attente n’est pas folle du paradis perdu
Liza sait mieux que quiconque que l'humilité seule peut nous acheminer vers des sphères plus élevées auxquelles, légitimement, nous aspirons et que nous titillons quotidiennement du bout de nos plumes :
Je ne suis qu’une bulle
Emportée par le vent
Je ne suis qu’une plume
Ballotée dans le temps
Au-delà de ce qu'elle dit, il nous reste à regarder plus attentivement comment elle le dit. Et soudain nous voilà, pour notre plus grand plaisir, à ces croisements de routes, ces grands carrefours, qui ponctuent de leur présence inévitable ces mondes pluriels que la poésie vient habiter. Liza qui maîtrise tous les genres littéraires, maîtrise aussi toutes les formes poétiques : ici ce sont des vers réguliers où dominent les exigences prosodiques des pieds et des rimes, là des sonnets, ici des vers libres ou libérés, là des poèmes brefs dont la force d'expression n'est pas sans nous rappeler les haïkus par certains aspects tout au moins. Cette immense diversité n'a pas pour finalité l'étalage de savoir-faire différents (un recueil n'est jamais une vitrine), mais elle est parfaitement significative de cette "nécessité qui fait loi": telle formulation convient mieux pour telle finalité.
Je ne crois pas qu'il faille en dire bien davantage pour apprécier la finesse et l'élégance de l'écriture de Liza Lo Bartolo Bardin. Au terme de cette préface, d'aucuns me diront peut-être : mais l'amour ? Pourquoi ne mentionnez-vous pas dans une préface ce fil rouge fondamental qui parcourt le livre de bout en bout ? N'avez-vous donc pas compris qu'il s'agit en l'espèce d'un thème récurrent chez Liza ? Tout en ces pages est un hymne à l'amour et vous n'en pipez mot ? Remarque parfaitement justifiée ! Dans la production littéraire d'un auteur, l'amour est je crois le seul thème qui ne nécessite jamais d'éclairage autre que celui que le lecteur lui-même lui apportera. L'amour alors prend une résonance particulière qui tisse un lien nouveau entre la chose écrite et la chose perçue.
Jacques Herman
http://quedespoemes.dhblogs.be/
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10 euros + 2 pour les frais de port
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06 mars 2009
Mon nouveau défi !
L'écriture du tanka
Source : http://www.revue-tanka-francophone.com/
Hisayoshi Nagashima, co-fondateur de la Revue du tanka international créée à Paris en octobre 1953 avec Jehanne Grandjean, écrivait ceci à propos du tanka :
« Le mot Tanka signifie poème court. Il se compose de cinq vers alternés de 5, 7, 5, 7, 7 syllabes, soit un tout de 31 syllabes. Ceci est sa particularité…
Cette forme est faite pour exprimer ce sentiment momentané mais qui peut être profond, philosophique ou douloureux… Les mots qui composent le poème doivent être musicaux… »
Pour la composition de tanka, nous nous référons à Fujiwara no Teika (1162-1241) qui prônait la réintroduction du lyrisme dans la poésie. Selon lui, « Sens et expression seraient comme les deux ailes d’un oiseau. » De sorte qu’un des principes forts du tanka réside dans la juxtaposition de deux éléments : d’une part, la réalité du monde dans lequel nous vivons, attentifs à la Nature , à travers la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher ; d’autre part, les sentiments que cela nous inspire.
Maxianne Berger, poète de tanka contemporaine, précise : « Traditionnellement, le tanka est plus personnel que le haïku : outre la nature, on considère davantage le sentiment, l’état et le statut du poète, les soucis du cœur humain – l’amour, la mort, l’existence dans l’immensité de l’univers.
Pour la partie Nature, la description est plus précise, concrète – portant sur ce que l’on peut percevoir. Pour la partie Soucis, le texte est plus abstrait, émotif, sentimental – portant sur ce que l’on ressent intérieurement. »
De fait, écrire cinq vers de 31 syllabes ne suffit pas. La forme et le style ont leur importance, mais plus encore le sens, comme le soulignait Teika. Écrire du tanka, c’est apprendre à se servir des résonances, des allitérations; c’est donner une « couleur » au poème.
Maxianne Berger ajoute que c’est « la juxtaposition d’une image concrète ou d’une action qui amène le lecteur vers l’abstraction d’un sentiment qui l’éclaire quant à la préoccupation du poète… Le poème, empruntant une syntaxe sans grammaire obligatoire, se compose de fragments, même disparates, d’images et de sentiments. Le troisième ou le quatrième vers peut fonctionner comme pivot, unissant, de façon elliptique, ce qui précède à ce qui suit. Le tout réussit à suggérer une épiphanie de la nature humaine, à synthétiser une vérité qu’on peut sentir sans nécessairement la saisir. »
La modernisation du tanka, nous la devons notamment à une femme, Machi Tawara ; pour elle, ce poème est lié à la vigueur de l’instant, en y insufflant une sensibilité en phase avec la modernité urbaine. Elle a dit de sa poésie : « À travers un rythme régulier, les mots commencent à s’ébattre pleins de vie, à répandre un éclat énigmatique. C’est ce moment que j’aime. »
C’est à partir de ces principes que le Comité de sélection des poèmes de notre revue détermine ses choix.
http://www.revue-tanka-francophone.com/
Mon nouveau défi : m'essayer au Tanka !
Oui, je sais, certains disent que la poésie n'a que faire de règles, de contraintes, de directives... qu'elle est libre !
La poésie étant un art...difficile, j'aime cette idée de travailler pour parvenir à un résultat hypothétique !
C'est mon défi : je vais essayer !
Voici quelques petits tankas que je viens de créer... Je ne sais si j'ai suivi à la lettre les prescriptions des spécialistes, mais j'ai pris du plaisir à m'y plonger sérieusement !
Aux professionnels du Tanka à me dire si je suis sur la bonne voie ! Mais soyez indulgents.. je débute !
Liza Lo Bartolo Bardin
24 février 2009
Neige et pluie mêlées
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
Neige et pluie mêlées
En rafales dans tes yeux
Et le vent qui hurle
Apprendrai-je un jour
A saisir les cris du cœur
La vague s'élève
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
La vague s’élève
Et par-dessus les embruns
Mousse de fierté
J’associe toujours le blanc
A l’idée de pureté
L'éclair de lumière
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
L’éclair de lumière
Qui transforme les images
De dame Nature
Comment être vraiment sûr
De ce que nos yeux perçoivent
Feuilles envolées
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
Feuilles envolées
Séparées de leurs branches
Victimes du vent
A jamais nous rappellent
Notre terne solitude
Ce petit brin d'herbe
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
Ce petit brin d’herbe
Nu dans la foule des siens
Survit au soleil
Je résiste à la pression
Du temps qui écrase tout
Rayons de lune
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
Rayons de lune
A l’orée de nos murs clos
Pour nous détromper
Mais persiste le mystère
De nos âmes enténébrées
Mes fleurs se réveillent
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
Mes fleurs se réveillent
Au frais parfum du printemps
Au chant des oiseaux
Que mon corps en fasse autant
Telle est mon aspiration
Le tronc de l'arbre
Copyright Liza Lo Bartolo Bardin
Le tronc de l’arbre
Abrite en secret la vie
Nourrit les oiseaux
Mon âme renferme-t-elle
Une parcelle d’amour

